Psithurisme Nostalgique

Psithurisme Nostalgique

La Pluie de Citations.

Et depuis des années maintenant. À chaque fois que je passe par la station Bibliothèque François Mitterand de la Ligne 14 et que je vois ces médaillons de laitons et leur citation. Je me souviens qu’en 2009, ils m’avaient été d’un grand réconfort.

C’était quelques temps après ma rupture. Lorsque j’avais commencé à beaucoup fréquenter le MK2 Bibliothèque. J’avais remarqué ces petites phrases et je les prenais pour des signes.

Elles devaient m’indiquer dans quelle direction je devais aller. Si j’allais me sortir de cette tristesse un jour. Et même, si et comment, vous savez qui(s) pensait-pensaient à moi.

En passant devant aujourd’hui, j’ai voulu leur rendre hommage.
Parce que, comme des amulettes, ces médaillons m’ont protégé.

Psithurisme Nostalgique

La vue du 7ème étage.

Chaque fois que je vais chez ma Mère, je regarde par la fenêtre de la cuisine. Sa vue y est dégagée et je pourrais passer des heures à regarder le Monde.

Les nuages filer. Les avions voler. Les arbres danser. Le ciel se colorer.

Si j’étais libre, je crois que je ferais cela des journées entières. Je me choisirais une maison sur une colline ou un appartement en hauteur. Et je me poserais à la fenêtre. Les yeux rivés sur la nature et la vie. Et sur le Monde en mouvement.

Psithurisme Nostalgique

La Reprise, en vrac.

C’est la fin de l’été. Et les vacances semblent déjà si loin derrière moi.

Cette semaine, j’ai attrapé un des virus de votre planète. Alternant éternuements, nez qui coule, toux et maux de tête. Malgré cela, je suis bien relancé dans la dynamique du travail. Et j’ai hélas compris que je devrais attendre une année entière pour retourner voir l’horizon et manger de la glace au Kaïmaki.

Et je ne suis terriblement pas d’accord. Qui a décidé de tout cela ?

Maigre consolation, nous entrons dans ma saison préférée. L’Automne. Celle des beaux vêtements et des superbes couleurs de la nature. J’attends juste que les températures redescendent un peu pour pouvoir ressortir mon trench et remettre mes Dr Martens.

J’ai repris le volley la semaine dernière. Et les conversations dans les vestiaires ont décidément bien changé. Fut un temps, on y discutait de Drag Race US et de soirées. Vendredi dernier, on félicitait un des garçons pour l’arrivée de son fils et deux autres garçons nous parlaient de l’avancée de leur parcours GPA.

Ce soir-là, j’ai pris un dessert comme plat principal au resto, après l’entraînement, entouré de beaux garçons. Et sur le chemin vers le métro, nous avons parlé de bienveillance avec une amie.

Hier, encore un peu fébrile, j’ai fait 16000 pas dans Paris. Avec C. on s’est posé un instant chez Pozetto pour manger une glace en nous questionnant sur la Gen Z qui est si en avance sur certains points et si rétrograde sur d’autres. Et forcément, j’ai acheté des vêtements que je ne pourrais mettre que lorsqu’il fera plus frais.

Et si, vous ne saisissez pas la chronologie des événements de ce billet, dîtes-vous qu’il reflète le brouillard que ce rhume a occasionné dans ma tête.

PS : est-ce que quelqu’un pourrait demander aux moustiques de me lâcher ?

Psithurisme Nostalgique

Come September.

C’est souvent pendant les vacances d’été que je songe à mes résolutions. Comme si Septembre était le premier mois de mon année. Et comme si c’était à partir de lui que je devais entamer mes changements.

La rentrée a toujours été un renouveau pour moi. Le début d’un cycle et un moment d’ajustements.

Allongé sur le sable. Sous le soleil. Je visualise ce dont j’ai envie, ce que je ne souhaite plus. Je fais des plans. Je me fais des promesses, en veillant à toujours bien être indulgent avec moi-même si je ne parvenais pas à les respecter complètement.

Parfois anodines. Parfois synonymes de gros changements.
J’ai toujours aimé profiter de cette période pour repartir de zéro. La Mer et l’Horizon sont toujours mes points de méditation, l’origine vers laquelle je me tourne pour mieux revenir.

Et il y a vingt ans, c’est à cette même période que je décidais de créer Beur-Boy*. ♡
Que vont me réserver mes prochaines résolutions ?

Come September est une chanson de Natalie Imbruglia.
* la version blogspot pas encore la version intime du blog.

Psithurisme Nostalgique

Paradoxe Temporel de Rupture Amoureuse.

Alors oui. Quand son mec lui a sorti une excuse bidon pour faire une pause le temps de l’été, mon premier réflexe a été de lui dire de le rappeler pour rompre immédiatement.

Parce qu’être plus âgé, c’est aussi parfois être déjà passé par là. L’avoir vécu et l’avoir souffert. Alors on nous sollicite pour des conseils, pour un avis ou pour du réconfort. On s’enferme dans un bureau vide pour en discuter.

Tous ces moments tristes, on les a vécus. On a envie de partager notre expérience pour faire gagner du temps. Parce que. Qu’elles soient gaies ou hétéros, les ruptures amoureuses sont universelles.

Parfois ils et elles sont en mesure d’entendre ce que nous avons à leur dire. De l’accepter, de l’appréhender. Et parfois, non.

Et c’est frustrant. De les voir aller dans le mur. De voir se répéter des situations sur lesquelles on s’est déjà cassé les dents. Mais, la réalité, c’est qu’ils et elles doivent aussi en faire l’expérience. Apprendre, surmonter et grandir. Sans quoi, ils et elles ne deviendraient peut-être pas des adultes complets.

Si l’on était venu me voir à ces moments précis de mon histoire pour m’empêcher de souffrir. Serais-je devenu la même personne qu’aujourd’hui ? Et si j’étais allé prévenir mes moi-passés et que je les avais mis en garde sur ce qui allait arriver ? N’aurais-je pas créé un paradoxe particulier ?

Peut-on vraiment influer sur le cours de l’histoire amoureuse d’autres personnes ?

Psithurisme Nostalgique

Les Garçons du Lycée.

Petit brunch entre amis du lycée. L’occasion de ressortir de vieilles photos et de déterrer de vieilles histoires.

L’occasion surtout de repenser aux garçons du groupe que j’appréciais.

J’aimais bien François. Je crois qu’il existe une photo de nous deux nous réveillant ensemble. J’avais senti comme une éventualité et, sur ce matelas à même le sol, au milieu de tout le monde, j’avais roulé vers lui et posé ma tête sur son torse.

Nous étions quelques temps après le lycée, dans la maison de campagne de l’un d’entre eux. Nous dormions tous ensemble. Mais nous voir dans cette position avait fait bugguer l’une de nos amies.

Je me souviens qu’à un autre moment, en dehors de ce weekend, il m’avait dit qu’il était un “futur ex gay”. Un charabia de garçon hétéro pour dire qu’il ne pointait sans doute pas 100% à l’hétéronomètre. C’était au début des années 2000.

Et il y avait Thomas. C’était déjà un monsieur avec son corps bien développé. Sa voix grave, sa carrure de rugbyman et son boxer bien moulé. Sur ces matelas disposés au sol, il avait dû m’enjamber et cette vision d’un boxer épousant parfaitement les formes d’un garçon m’avait fortement marquée.

C’était un homme. Et j’avais le corps d’une fille. Et c’est surtout ce qu’il représentait qui me fascinait. Cette masculinité que je ne souhaitais ni n’imaginais un jour pouvoir incarner.

Je n’ai pas revu ces garçons depuis au moins vingt ans. Et maintenant que je suis moi-même devenu un adulte avec un corps de monsieur, je repense à tout cela et ça me fait sourire.

Des fois, j’imagine mon moi-2026 rencontrant mes versions passées. Et je me demande. Est-ce que je nous ai trahis en acceptant de devenir un homme ? Est-ce que vous me trouveriez beau ou sexy avec ce corps, ces poils, cette épaisseur et cette voix ?

Les images qui illustrent ce billet viennent de la série Young Americans, spin off de Dawson datant de 2000. Hamilton (à droite) se sent perdu car il est attiré par Jake (à gauche). Seulement Jake est une fille qui se fait passer pour un garçon pour intégrer cette école.

Psithurisme Nostalgique

Araignées colocataires.

Depuis la canicule, c’est fou ce que les araignées et les insectes viennent se cacher à la maison. On se croirait parfois dans un Ghibli.

L’appartement était déjà un repaire bien connu des araignées qui venaient et revenaient inlassablement.

J’avais beau les chasser. Gentiment. Elles réapparaissaient toujours. Les remettre dehors était devenu un travail à plein temps.

Habituellement, ce sont toujours les Folegandros qui entrent secrètement et s’installent au plafond. Mais dernièrement, j’ai commencé à en voir de toutes les formes et de toutes les couleurs. Jusqu’à cette magnifique et effrayante demoiselle qui s’était installée en deux minutes près de ma tête.

Les Folegandros, ce sont les grandes noires à pattes fines. C’est le surnom que je leur avais donné il y a quelques années en Grèce. La sonorité amusante du mot (on ne se trouvait même pas sur Folegandros) m’a fait oublier pour un moment ma peur des araignées. Et j’arrive, depuis à les tolérer.

Kévin Bacon est plus cool que moi. Il a grandi dans une maison à la campagne. Mais pour moi, issu du béton citadin, c’est juste inconcevable.

Alors je fais un deal avec elles quand j’ai la flemme de les sortir. Si tu restes à la maison, tu chasses les moustiques ! ♡

Psithurisme Nostalgique

La Mémoire des Lieux.

Le Footlocker qui faisant l’angle avec le BHV sur Rivoli a fermé. Et en passant devant, je me suis souvenu.

C’était autrefois un Quick. On pouvait y aller très tôt en sortant de boîte. Ou en journée comme c’était arrivé une fois avec Adam et Le Grand Blond. J’ai d’ailleurs des photos de ce jour-là.

Paris c’est cela. Des lieux qui nous marquent et qui vivent, qui meurent, qui sont remplacés par de nouveaux lieux sans âme qui seront remplacés à leur tour.

J’aime beaucoup avoir cette mémoire des lieux. Et des fois, j’aimerais les marquer. D’un petit monument ou d’une petite tablette, juste pour leur faire justice. Pour qu’ils ne tombent pas dans l’oubli.

Psithurisme Nostalgique

La liste de courses de 2006.

Et soudain, à un brunch. Tu prends un Chai Latte avoine, un jus d’abricot et un avocado toast. Il y a un buffet de desserts à volonté. Et la formule complète est à 33 euros.

Et tu repenses à ton toi d’il y a vingt ans. S’il était venu. Parce que 33 euros, en 2006, tu ne les aurais jamais dépensés en brunch.

Un brunch ?! Non, tu aurais fait un ciné et un restaurant japonais. Le menu bateau du restaurant Kyô dans le Marais était à 20,50 euros et c’était déjà ton max. Et ton truc à l’époque, c’était de prendre à chaque fois un Banana Split en dessert. C’était une fois par semaine.

Tu étais encore en temps partiel chez GAP. Tu bouffais pour deux et tu restais longiligne. Tu bloguais tous les jours. Et ta liste de courses était incroyable.

Tu faisais un peu plus d’un kilomètre à pieds pour aller chez Carrefour. Tu prenais toujours des Rice Krispies, du lait – que tu ne pourrais plus boire aujourd’hui, du Kiri, du blanc de poulet en tranches, du pain de mie, des steaks hachés, des Farfalle, du coulis de tomate, des gâteaux sablés fourrés noisettes ou des Pims poire, des yaourts avec des morceaux de fruits et ton pack de coca.

C’étaient tes aliments de base, aujourd’hui remplacés par des flocons d’avoine, des graines de chia, du beurre de cacahuètes, du skyr, du yaourt grec, des steaks végé, des bananes, du sirop d’agave…

C’est fou comme vingt années ont profondément changé ta réalité. Et en y repensant, la nostalgie aidant, je te propose quelque chose.

La prochaine fois que le Mari s’absente une semaine. Pour nourrir ta nostalgie. Et si tu refaisais les courses comme en 2006. Et si tu te refaisais une plâtrée de pâtes au kiri et que tu la mangeais devant un vieux film ou une série sans regarder ton téléphone ?

Psithurisme Nostalgique

Sayonara Iphone XR.

Je tiens à mes affaires. Et j’ai parfois beaucoup de mal à me séparer de certaines de mes possessions.

Je lutte constamment contre mon côté accumulateur pour ne pas finir vieux entouré d’une pile d’objets inutiles que je n’aurais jamais pu jeter. Mais certains objets ont une place particulière pour moi.

Et quand leur heure a sonné. La décision de m’en débarrasser devient très difficile à prendre.

Depuis au moins deux ans, il était question de changer mon téléphone. Un iPhone XR acheté quelque part en 2018. Mais je n’y arrivais pas.

C’était LE téléphone fait pour moi. La forme parfaite, la taille parfaite. Il était juste parfait.

Seulement, j’ai compris que l’on ne peut rien faire contre l’obsolescence programmée. C’est la Destinée des appareils. Et j’ai repoussé et repoussé le moment de devoir m’en séparer.

À l’Apple Store Opéra, j’ai finalement dû me résigner et prendre un nouveau téléphone. Et lorsque la jeune fille m’a demandé si je souhaitais bénéficier de la reprise de mon ancien appareil, je pense qu’elle a tout de suite saisi le désespoir dans mes yeux.

Il a maintenant rejoint mon tout premier iPhone. Celui de 2008. Dans lequel, se trouvent encore les textos des garçons de 2008 et les musiques que j’écoutais à l’époque. Dans cette boîte à malice, où s’entremêlent souvenirs et objets-mémoires.

Sayonara iPhone XR.