J’ai regardé Ne me jugez pas (The Judgment) pour le scénario.
Le scénario :

Journal de Bord Éternel
J’ai regardé Ne me jugez pas (The Judgment) pour le scénario.
Le scénario :

Pas loin de mon travail. Se trouve la rue où vivait D.
Je me souviens de son appartement.
On y avait été en before avant une Doctor Love quelque part en 2010.
Ça avait été un weekend fou. Un de ces weekends que mon corps ne me permettrait plus de faire aujourd’hui. J’étais sorti le vendredi soir après mon travail puis avait été directement retravailler le lendemain. Et je devais à nouveau faire une nuit blanche pour cette fameuse Doctor Love pour ensuite refaire une journée complète.
Il voulait que je revienne dormir chez lui mais j’avais refusé. Comme toutes ces fois où j’ai machinalement dit non à quelque chose. Comme si mes anges gardiens parlaient à ma place et voulaient me protéger d’un danger que je ne percevais pas.
Devant son insistance, nous nous étions mis d’accord pour que je vienne juste me doucher avant mon travail et que je reparte ensuite. J’avais le sentiment qu’il était déçu.
Nous sommes rentrés au matin après la soirée et je me suis préparé pendant qu’il dormait.
J’étais complètement hors service. Je n’avais pas dormi depuis deux jours.
Je me suis assoupi dans le RER en direction de mon travail et ai manqué mon arrêt. J’avais dû le reprendre en sens inverse, trainer mon corps jusqu’au magasin et assurer un dimanche de fête ou de soldes.
C’est fou, tout ce dont on peut se souvenir depuis un simple nom de rue.
J’ai l’impression que c’était hier mais en réalité, cela fait maintenant seize ans.
Et pratiquement autant que nous ne nous sommes plus parlés.
Il y a des amis que l’on aime et qui vous maintiennent à distance. Ils vous écrivent des messages du genre “on se reverra peut-être mon ami”.
Il y a des amis auxquels on pense et qui ont disparu. Ils ne vous ont jamais pardonné d’avoir pété les plombs ou d’avoir comme une erreur, une seule, il y a des années maintenant.
Il y a des amis qui sont restés connectés mais qui restent silencieux. Ils observent votre vie à distance sans messages, ni likes. Et vous vous demandez parfois “à quoi bon ?”.
Et il y a ceux qui vous envoient un message, le lendemain d’une soirée.
Merci de faire partie de ma vie et d’être à mes côtés.
Je n’avais pas revu Ratatouille depuis ce jour gris de 2007. Je n’en avais d’ailleurs pas plus de souvenirs que ça.
Hormis…
Sa main qui me cherche. Ma ceinture qui fait du bruit. Et nos rires dans cette petite salle de l’UGC des Halles.
Parce que nous faisions une connerie et que nous n’étions pas discrets.
Je tiens à mes affaires. Et j’ai parfois beaucoup de mal à me séparer de certaines de mes possessions.
Je lutte constamment contre mon côté accumulateur pour ne pas finir vieux entouré d’une pile d’objets inutiles que je n’aurais jamais pu jeter. Mais certains objets ont une place particulière pour moi.
Et quand leur heure a sonné. La décision de m’en débarrasser devient très difficile à prendre.
Depuis au moins deux ans, il était question de changer mon téléphone. Un iPhone XR acheté quelque part en 2018. Mais je n’y arrivais pas.
C’était LE téléphone fait pour moi. La forme parfaite, la taille parfaite. Il était juste parfait.
Seulement, j’ai compris que l’on ne peut rien faire contre l’obsolescence programmée. C’est la Destinée des appareils. Et j’ai repoussé et repoussé le moment de devoir m’en séparer.
À l’Apple Store Opéra, j’ai finalement dû me résigner et prendre un nouveau téléphone. Et lorsque la jeune fille m’a demandé si je souhaitais bénéficier de la reprise de mon ancien appareil, je pense qu’elle a tout de suite saisi le désespoir dans mes yeux.
Il a maintenant rejoint mon tout premier iPhone. Celui de 2008. Dans lequel, se trouvent encore les textos des garçons de 2008 et les musiques que j’écoutais à l’époque. Dans cette boîte à malice, où s’entremêlent souvenirs et objets-mémoires.
Sayonara iPhone XR.
Et ce soir, j’ai découvert que mon Père avait depuis longtemps su que j’étais gay. Il savait qui était exactement ce Kévin Bacon qui venait parfois manger à la maison. Et qu’il m’aimait quoi qu’il en soit.
J’avais toujours cru que mon Père nous avait quittés sans savoir. Qu’il était décédé sans que je lui dise.
Et je n’ai pas su comment accueillir cette révélation. Est-ce que je regrette de ne pas lui avoir dit ? Est-ce que je suis soulagé ?
Tout ce que j’ai ressenti sur le moment c’est un immense manque. Et beaucoup d’admiration et d’amour pour Lui. ♥

Vingt ans. Pour cet album de Natalie Imbruglia.
J’étais allé l’acheter à sa sortie au Virgin Megastore des Champs-Elysées. Et je l’ai écouté tout l’été.
Pour moi, 2005, c’est un été sans fin. Je crois d’ailleurs que tous mes souvenirs de cette année se résument à cette saison.
Je me revois alors. Avec ce jeans évasé GAP, ce pull jacquard à losange bleus et verts H&M et ces Adidas boxer blanches aux pieds.
J’étais toujours accompagné de Cayetano malgré notre rupture plus tôt dans l’année. Nous nous prenions constamment en photo et nous les postions quasi-quotidiennement sur DeviantART. Je bloguais chaque jour. Je me souviens des épisodes de The L Word qui passaient à la télé à ce moment-là. Mais aussi de la téléréalité Top Model 2005. Du magazine Glamour que j’achetais tous les mois. Je rêvais d’y être journaliste.
Je n’ai jamais été aussi beau qu’à cette époque. Et, je me dis souvent que je n’en ai jamais réellement profité. Je mangeais pour quatre et je perdais du poids. Je buvais une bouteille de coca par jour. Mes cheveux étaient souples et encore en vie. Et les clientes du magasin dans lequel j’étais vendeur en temps partiel me complimentaient chaque jour – avec une pointe de jalousie – sur ma silhouette.
En août, je déménageai dans mon appartement. Le même qu’aujourd’hui. Et je dois dire en y pensant qu’il est actuellement dans le même état que moi.
Oui. Je peux le dire. J’ai beaucoup aimé cet été-là.
Counting down the days. Cet album. Il me renvoie à ces moments. Il est plein de merveilles. Natalie Imbruglia est une artiste terriblement sous-cotée. Et j’ai toujours trouvé cela injuste.
J’ai regardé The Residence pour le scénario.
Le scénario :

C’était ce matin. Dans le métro. Un Garçon se tient debout derrière moi. Son odeur est très familière.
Et je la reconnais.
C’était celle du déodorant spray sanex vert qu’utilisait Maël. Il y a dix-huit ans.
C’est amusant, et inquiétant, de me dire que j’ai en mémoire ce genre de détail pour chacun d’entre eux.
Mi-mars, c’est l’anniversaire de mon Père. Et depuis trois ans maintenant, c’est également, l’anniversaire de sa mort. Un double anniversaire la même semaine juste avant le printemps dont il tirait son prénom.
C’est étrange de dire aussi anniversaire pour une fin.
Papa ♥