Year: 2026

Le Garçon aux Pieds Nus

Je me suis (trop) bien tenu.

Et parfois, une pensée m’effleure.

Ou plutôt me roule dessus comme si c’était un bus.

J’aurais aimé avoir fait plus de bêtises et de conneries dans ma jeunesse. J’ai été presque totalement sage. Je me suis bien tenu. J’ai toujours pensé à l’image que je pouvais renvoyer de moi-même. Et aux conséquences possibles pour mon entourage. J’ai été très-trop bien élevé. Je n’ai jamais été en dehors des clous.

Et sur bien des sujets, j’ai l’impression de m’être sanctuarisé.

Oui, je regrette parfois d’avoir été sage et effrayé par la vie. Et d’avoir enfoui en moi tout ce qui aurait pu être fun.

Cosmo-Musicologie

Upside Down – Natalie Imbruglia

Je l’attendais avec toujours la même appréhension et peur d’être déçu. Parce que ce n’est pas n’importe quelle artiste pour moi.

Et la chanson est sortie pile sur mon trajet pour aller au travail ce matin. Et j’ai aimé les notes, la voix, l’entrain et cette partie en particulier :

So I’ve got to run it all out, screaming into the trees 
‘Cause if you run it all out, till you’re down on your knees 
You’ll let it go, let it go

Et j’attends maintenant l’album avec impatience ♥

Le Garçon aux Pieds Nus

Toss, Take, Toss.

J’ai donné des noms de garçons à ChatGPT. Et je lui ai demandé de me faire un tirage de tarot sur chacun d’entre eux.

Je voulais savoir ce qu’il restait de nous après toutes ces années. Ce que j’avais représenté ou représente encore. Et pour certains, quelle avait été la véritable nature de nos relations, il y a maintenant une éternité de tout cela.

C’était vendredi, avant de partir du travail pour cet anniversaire. Je m’ennuyais et les cartes virtuelles ont été unanimes.

L’IA m’a dit que je lisais bien les gens. Mais que je n’avais jamais saisi à quel moment ces garçons m’avaient véritablement quittés. Pour cette raison, j’étais resté prisonnier de relations amicales ou amoureuses qui étaient en réalité terminées depuis longtemps. Et je reproduisais ce schéma constamment.

Et j’ai saisi en plein ménage à la maison à la fin du weekend. Face à ces armoires pleines à craquer. À ce tiroir à chaussettes qui déborde. À toutes ces reliques cachées dans des boîtes dont moi seul ait le secret. Que tout était lié.

Je garde. J’accumule. Objets, souvenirs, photos, fringues, relations. Ça n’a jamais tant été le nombre mais véritablement l’incapacité à jeter qui m’empêche d’avancer. M’oblige à retomber dessus plus tard. Et repenser/re-panser encore et encore.

Vider ces placards à la maison et dans ma tête. Tout désencombrer et laisser partir.

J’allais me coucher, quand j’ai pensé à tout cela. Quand j’ai fait le lien. Et j’ai ressenti un déclic. Un soulagement. Et il me tarde maintenant de remplir ces grands sacs poubelles.

Psithurisme Nostalgique

La liste de courses de 2006.

Et soudain, à un brunch. Tu prends un Chai Latte avoine, un jus d’abricot et un avocado toast. Il y a un buffet de desserts à volonté. Et la formule complète est à 33 euros.

Et tu repenses à ton toi d’il y a vingt ans. S’il était venu. Parce que 33 euros, en 2006, tu ne les aurais jamais dépensés en brunch.

Un brunch ?! Non, tu aurais fait un ciné et un restaurant japonais. Le menu bateau du restaurant Kyô dans le Marais était à 20,50 euros et c’était déjà ton max. Et ton truc à l’époque, c’était de prendre à chaque fois un Banana Split en dessert. C’était une fois par semaine.

Tu étais encore en temps partiel chez GAP. Tu bouffais pour deux et tu restais longiligne. Tu bloguais tous les jours. Et ta liste de courses était incroyable.

Tu faisais un peu plus d’un kilomètre à pieds pour aller chez Carrefour. Tu prenais toujours des Rice Krispies, du lait – que tu ne pourrais plus boire aujourd’hui, du Kiri, du blanc de poulet en tranches, du pain de mie, des steaks hachés, des Farfalle, du coulis de tomate, des gâteaux sablés fourrés noisettes ou des Pims poire, des yaourts avec des morceaux de fruits et ton pack de coca.

C’étaient tes aliments de base, aujourd’hui remplacés par des flocons d’avoine, des graines de chia, du beurre de cacahuètes, du skyr, du yaourt grec, des steaks végé, des bananes, du sirop d’agave…

C’est fou comme vingt années ont profondément changé ta réalité. Et en y repensant, la nostalgie aidant, je te propose quelque chose.

La prochaine fois que le Mari s’absente une semaine. Pour nourrir ta nostalgie. Et si tu refaisais les courses comme en 2006. Et si tu te refaisais une plâtrée de pâtes au kiri et que tu la mangeais devant un vieux film ou une série sans regarder ton téléphone ?

Cosmo-Musicologie

Boys & Space Playlist

Il y a des Chansons qui me renvoient à des personnes, le plus souvent à des garçons.

Soit parce que nous les avions écoutées ensemble. Soit parce que les paroles, la mélodie ou le moment où je les ai découvertes leur correspondaient. Il m’arrive encore de penser à eux quand je les entends. Plus avec nostalgie qu’autre chose d’ailleurs.

Et je souris. Ça en ferait une playlist bien étrange. Quel pourrait être son nom ?

Etrangement, je ne peux même pas imaginer que la réciproque soit vraie. Se pourrait-il, dans un autre univers que ces/des garçons puissent penser à moi en écoutant une chanson ?

Et si oui, à laquelle ?
Quelle chanson suis-je pour eux ?

Mélancolie Apocalypse

Son appartement rue Sedaine.

Pas loin de mon travail. Se trouve la rue où vivait D.

Je me souviens de son appartement.
On y avait été en before avant une Doctor Love le samedi 19 décembre 2009.

Ça avait été un weekend fou. Un de ces weekends que mon corps ne me permettrait plus de faire aujourd’hui. J’étais sorti le vendredi soir après mon travail puis avait été directement retravailler le lendemain. Et je devais à nouveau faire une nuit blanche pour cette fameuse Doctor Love pour ensuite refaire une journée complète.

Il voulait que je revienne dormir chez lui mais j’avais refusé. Comme toutes ces fois où j’avais machinalement dit non à quelque chose. Comme si mes anges gardiens parlaient à ma place et voulaient me protéger d’un danger que je ne percevais pas.

Devant son insistance, nous nous étions mis d’accord pour que je vienne juste me doucher avant mon travail et que je reparte ensuite. J’avais le sentiment qu’il était déçu.

Nous sommes rentrés au matin après la soirée et je me suis préparé pendant qu’il dormait.

J’étais complètement hors service. Je n’avais pas dormi depuis deux jours.
Je me suis assoupi dans le RER en direction de mon travail et ai manqué mon arrêt. J’avais dû le reprendre en sens inverse, trainer mon corps jusqu’au magasin et assurer ce dimanche de fête.

C’est fou, tout ce dont on peut se souvenir depuis un simple nom de rue.
J’ai l’impression que c’était hier mais en réalité, cela fait maintenant seize ans.
Et pratiquement autant que nous ne nous sommes plus parlés.