Year: 2025

Psithurisme Nostalgique

Sayonara Iphone XR.

Je tiens à mes affaires. Et j’ai parfois beaucoup de mal à me séparer de certaines de mes possessions.

Je lutte constamment contre mon côté accumulateur pour ne pas finir vieux entouré d’une pile d’objets inutiles que je n’aurais jamais pu jeter. Mais certains objets ont une place particulière pour moi.

Et quand leur heure a sonné. La décision de m’en débarrasser devient très difficile à prendre.

Depuis au moins deux ans, il était question de changer mon téléphone. Un iPhone XR acheté quelque part en 2018. Mais je n’y arrivais pas.

C’était LE téléphone fait pour moi. La forme parfaite, la taille parfaite. Il était juste parfait.

Seulement, j’ai compris que l’on ne peut rien faire contre l’obsolescence programmée. C’est la Destinée des appareils. Et j’ai repoussé et repoussé le moment de devoir m’en séparer.

À l’Apple Store Opéra, j’ai finalement dû me résigner et prendre un nouveau téléphone. Et lorsque la jeune fille m’a demandé si je souhaitais bénéficier de la reprise de mon ancien appareil, je pense qu’elle a tout de suite saisi le désespoir dans mes yeux.

Il a maintenant rejoint mon tout premier iPhone. Celui de 2008. Dans lequel, se trouvent encore les textos des garçons de 2008 et les musiques que j’écoutais à l’époque. Dans cette boîte à malice, où s’entremêlent souvenirs et objets-mémoires.

Sayonara iPhone XR.

Le Garçon aux Pieds Nus

Révélation.

Et ce soir, j’ai découvert que mon Père avait depuis longtemps su que j’étais gay. Il savait qui était exactement ce Kévin Bacon qui venait parfois manger à la maison. Et qu’il m’aimait quoi qu’il en soit.

J’avais toujours cru que mon Père nous avait quittés sans savoir. Qu’il était décédé sans que je lui dise.

Et je n’ai pas su comment accueillir cette révélation. Est-ce que je regrette de ne pas lui avoir dit ? Est-ce que je suis soulagé ?

Tout ce que j’ai ressenti sur le moment c’est un immense manque. Et beaucoup d’admiration et d’amour pour Lui. ♥

Psithurisme Nostalgique

Le garçon à la moustache.

Je venais de descendre du train et je voulais un coca avant de rejoindre mon hôtel pour continuer à y travailler tranquillement.

En caisse au Hema de la gare de Bordeaux, complètement dans mes pensées, le jeune homme m’a dit que j’avais une belle veste. J’ai levé les yeux pour le remercier et j’ai dû rougir ou paraître confus.

Un grand et très beau garçon avec un gentil sourire et une belle moustache.

Lorsque je suis revenu trois jours plus tard. J’étais encore plus gêné parce que cette fois-ci je ne venais pas par hasard. Et parce qu’en plus, il se souvenait de moi.

De ma veste. Il se souvenait de ma veste.

Le Garçon aux Pieds Nus

43.

J’ai maintenant l’âge qu’avait mon Père lorsque je suis né. C’est une chose à laquelle j’ai pensé une bonne partie de l’année en attente de ce jour.

Je ne me suis jamais réellement posé la question de l’adulte que je souhaitais devenir. Je savais simplement que le costume gris et la cravate n’étaient pas ce que j’avais envie de porter au quotidien.

Je pensais que j’aurais une famille. Je voulais un mari et des enfants. Et je me voyais vivre dans une maison avec une grande véranda. Des choses inconcevables à l’époque.

Mais les temps ont changé. Et nous pouvons nous marier et avoir des enfants.

À 43 ans, j’ai l’impression que je me suis laissé guider par la vie, les hasards et les coïncidences. Par les incidents aussi.

J’ai toujours l’impression d’attendre que les choses m’arrivent. Sans jamais essayer d’interférer dans le cours de mon histoire. Comme si elle s’écrivait au fur et à mesure par une autre personne et que j’acceptais ce qui se présentait.

Mais je suis serein. Ce que je sais. C’est que je suis en accord avec moi.
Et c’est l’avantage de la quarantaine.

Mélancolie Apocalypse

Ma plus longue relation.

Lui, c’est ma plus longue relation. Et je l’ai maltraité.

Je le connais depuis le 1er août 2005. J’avais 22 ans et c’était mon premier. Il est plutôt grand et bien fait.

Je ne peux pas dire que ça a été le coup de foudre. En réalité, je fantasmais plutôt sur son voisin du 7eme. Mais je me suis tout de suite senti bien avec lui. Et nous sommes devenus inséparables.

Ces derniers temps, je trouve qu’il a l’air plus fatigué. Et je me demande s’il m’en veut de n’avoir pas aussi bien pris soin de lui que lui de moi. Nous avons vieilli tous les deux mais il fait quand même plus marqué que moi.

Je m’en veux. Je pense souvent à tout ce que j’aurais pu faire pour lui. Et je me demande pourquoi je l’ai traité ainsi.

En réalité, depuis quelques années, je songe à le quitter. J’imagine ma vie avec un autre. À quoi elle ressemblerait, si je serais toujours le même… Mais rien que d’y penser, j’ai la gorge qui se noue. Et je pense que je n’arriverai jamais à prendre cette décision.

C’est mon appartement depuis vingt ans. Vingt ans.

Il a connu trois petits amis.
Il a vécu deux ruptures amoureuses.
Il a accueilli mes ami.e.s les plus proches.
Il a réuni Les Garçons lors de cette soirée de Noël.

Il m’a vu rire, pleurer, cuisiner les pires choses en cuisine, prendre des bains de quatre heures, prendre des photos de moi peu habillé, boire des litres de coca, rapporter chaque soir de nouveaux vêtements ou livres, passer des nuits entières à dessiner et bloguer, devenir un Plant Daddy, tomber amoureux, me confiner, faire le deuil de mon père, emménager avec Kévin Bacon…

Il m’a vu devenir un monsieur, perdre mes cheveux, m’étoffer mais surtout m’affirmer, prendre confiance en moi, devenir fort et courageux…

Je ne sais pas encore exactement quand, mais je sais que le jour où cela arrivera, le jour où je partirai, j’aurais le coeur brisé.

Parce que même si j’ai maltraité cet appartement, je l’aime.

Cosmo-Musicologie, Psithurisme Nostalgique

Counting down the days

Vingt ans. Pour cet album de Natalie Imbruglia.

J’étais allé l’acheter à sa sortie au Virgin Megastore des Champs-Elysées. Et je l’ai écouté tout l’été.

Pour moi, 2005, c’est un été sans fin. Je crois d’ailleurs que tous mes souvenirs de cette année se résument à cette saison.

Je me revois alors. Avec ce jeans évasé GAP, ce pull jacquard à losange bleus et verts H&M et ces Adidas boxer blanches aux pieds.

J’étais toujours accompagné de Cayetano malgré notre rupture plus tôt dans l’année. Nous nous prenions constamment en photo et nous les postions quasi-quotidiennement sur DeviantART. Je bloguais chaque jour. Je me souviens des épisodes de The L Word qui passaient à la télé à ce moment-là. Mais aussi de la téléréalité Top Model 2005. Du magazine Glamour que j’achetais tous les mois. Je rêvais d’y être journaliste.

Je n’ai jamais été aussi beau qu’à cette époque. Et, je me dis souvent que je n’en ai jamais réellement profité. Je mangeais pour quatre et je perdais du poids. Je buvais une bouteille de coca par jour. Mes cheveux étaient souples et encore en vie. Et les clientes du magasin dans lequel j’étais vendeur en temps partiel me complimentaient chaque jour – avec une pointe de jalousie – sur ma silhouette.

En août, je déménageai dans mon appartement. Le même qu’aujourd’hui. Et je dois dire en y pensant qu’il est actuellement dans le même état que moi.

Oui. Je peux le dire. J’ai beaucoup aimé cet été-là.

Counting down the days. Cet album. Il me renvoie à ces moments. Il est plein de merveilles. Natalie Imbruglia est une artiste terriblement sous-cotée. Et j’ai toujours trouvé cela injuste.