Author: Oslo Ohara

Amours Galactica

Ce n’est pas encore le moment…

“J’aimerais bien te revoir, mais je veux être honnête : ce n’est pas encore le moment. J’espère que tu comprends mon ami.”

Il y a ce petit quelque chose dans l’air, quand quelqu’un vous coupe de sa vie, qui vous ramène toujours à la dernière fois où quelqu’un s’est en allé. Avec toujours cette appréhension, que lui non plus ne revienne jamais.

Parce qu’un autre avant lui m’avait aussi demandé de lui laisser du temps. Dans un Starbucks. Le 9 juillet 2010. Il y a pratiquement quinze ans de cela.

Et je ne l’ai jamais revu.

C’était le genre de drama qui me rendait dingue en 2010 et me donnait l’envie de m’accrocher davantage. J’avais l’impression par ces envolées tragiques que je vivais quelque chose de grand. Que j’étais quelqu’un d’important. Qu’ils reviendraient. Parce que je me pensais irremplaçable. Inoubliable.

Mais je me racontais des histoires. Et je le sais maintenant.

Lorsque j’ai lu ce message aujourd’hui. Je crois que j’ai répondu une banalité, en soupirant et en n’attendant absolument rien de la suite.

C’était pourtant un ami que j’appréciais beaucoup.

Mais je ne suis plus la même personne qu’en 2010. Je suis un vieux monsieur.

Et les vieux messieurs savent que quand quelqu’un s’en va, c’est que, amis ou pas, rien ne les retient.

Le Garçon aux Pieds Nus

Vivre entouré de plantes.

Chaque dimanche. Lorsque l’on déjeune. Assis à cette table. Entourés des plantes. Je les regarde comme s’il s’agissait de mes enfants.

Toutes regroupées devant les deux fenêtres les plus lumineuses de l’appart. Comme une jungle.

Je ne sais pas si l’on peut dire que j’ai la main verte. En réalité, je les laisse vivre. Je les laisse tranquille. Et je n’ai pas l’impression de faire grand chose.

Benjamin, le petit ficus benjamina acheté chez Ikea n’avait pas duré bien longtemps à l’époque. Je pensais alors que jamais je ne réussirai à m’entourer de plantes.

C’était il y a vingt ans.

Depuis, elles sont une vingtaine. Chacune avec son histoire. Certaines sont de véritables monstroplantes. L’une d’elles fait plus de deux mètres et heurtera bientôt le plafond.

Je crois que si je le pouvais, je meublerai une pièce juste avec des plantes. Et rien d’autre.

Mon rêve. C’est de vivre dans une maison, entouré de plantes.

Adorables Amourables

Cassandra

J’ai regardé Cassandra pour le scénario.

Le scénario :

– – –

Blague à part. C’était une très bonne série. Et il faut vraiment que je consulte au sujet du fait que j’ai toujours mille fois plus d’empathie pour les robots que pour les humains dans les fictions.

Le Garçon aux Pieds Nus

L’étoile filante.

Ce n’est pas la première fois que je lui dis qu’il s’agit d’un groupe d’amis que je n’ai pas vu depuis longtemps. Et ce matin, je m’en suis rendu du compte.

C’est en voulant lui expliquer le contexte que j’ai compris qu’il s’agissait de mon mode de fonctionnement.

Je disparais.

Plus ou moins discrètement.
Plus ou moins brutalement.
Plus ou moins longtemps.

Et quand nous nous retrouvons. Parce que nous nous retrouvons presque tout le temps. Je découvre ce que je représentais pour eux. Ma valeur.

Et je me demande alors. Pourquoi ne m’avaient-ils rien dit ?

J’ai toujours eu mille excuses. Ceux-là n’avaient pas été là pour moi quand j’avais eu besoin d’eux. Ces autres m’avaient fait me sentir seul, même entouré. Pour ce groupe, je n’arrivais plus à faire fusionner nos timelines. Et eux, m’avaient donné l’impression d’être la pièce rapportée… de ma pièce rapportée.

Tout tournait toujours autour de moi. De mon ressenti. De ma compréhension de la situation. Ce n’était évidemment pas juste pour les autres. Mais c’était toujours ma seule solution.

Je romps. Je disparais. Je change même de nom. Et je pars à la recherche d’autres personnes avec qui tout recommencer.

Est-ce que Bradshaw avait raison ? Le jour où il m’a écrit que mes attentes étaient irréalistes et que ma conception de l’amitié était erronée.

Disparaître. Mon premier réflexe.

J’ai ressenti tout cela à nouveau récemment. L’envie de couper les ponts. Une année. Et de revenir. Différent. Parce que la situation à laquelle je faisais face impliquait que je revienne plus fort.

Mais je ne disparais jamais une année seulement. Je le sais. Et je sais aussi que le destin nous replace toujours sur le même chemin.

Mais nous sommes alors toujours dix ans plus tard. Et nos vies ont avancé. Et je ne peux pas tout réparer.

Souvent, je suis accueilli à bras ouvert. Et parfois, je ne suis plus le bienvenu.

Tu m’as brisé le coeur, m’avait-il dit, à mon retour quatre ans plus tard.

Lorsque j’étais Czech-Boy, j’avais écrit un billet dans lequel je me comparais à une étoile filante lancée à vive allure. Incapable de se poser. Toujours en mouvement. Et dix-sept ans plus tard, je me rends compte que je n’ai pas changé.

C’est et cela a toujours été mon seul moyen de me préserver.

Adorables Amourables

Les Garçons dans les Vestiaires.

J’aime beaucoup apercevoir les Garçons dans les Vestiaires. Cette multitude de corps différents. De toutes les couleurs. De grands. De petits. De gros. De fins. De secs. De musclés. De poilus. Ou non.

J’aime beaucoup cette diversité dans les corps. D’apprécier sur les uns ce que je qualifie d’imperfections chez moi.

J’ai parfois l’impression de les observer comme je regarde des paysages. Sans arrières pensées. Avec beaucoup d’admiration et d’amour.

Je trouve que c’est beau un garçon.

Le Garçon aux Pieds Nus

Est-ce que tu me dirais “oui” à nouveau ?

Après avoir découvert que cela faisait presque 16 ans que j’étais avec Kévin Bacon, l’un de mes collègues m’a demandé.

Est-ce qu’aujourd’hui, tu lui redirais “oui” ? Est-ce que si vous vous rencontriez aujourd’hui, vous seriez ensemble ?

J’ai répondu “Encore plus”. Je crois que si je le croisais, je me retournerais mille fois dans la rue pour le regarder. Je n’imagine pas un endroit où nous ne sommes pas ensemble. Ni même une époque.

Mon collègue m’a alors demandé. Et Lui ? Qu’est-ce qu’il répondrait ?

J’ai souri et pensé à sa réponse. J’ai visualisé un bus, dans lequel auraient pris place Vieillesse, Poids et Calvitie. Me percutant à vive allure.

Et j’ai dit.

Non.

Microblogging Éternel

microblogging • tu dates !

“Tu dates !”.

Il voulait dire “ça fait longtemps !”. Mais on a pratiquement vingt-ans d’écart. Et plus les mêmes expressions. Alors, je l’ai regardé avec de grands yeux bien ronds. Comme s’il venait de parler une autre langue.

C’est effrayant. De se dire que malgré tous mes efforts pour ne pas avoir quarante ans comme mon Père avait eu 40 ans à son époque. Je deviens quand même une vieille personne.